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On fait de l'art public - spécial famille (thème 28)

Thème 28 : Art public



Après une pause estivale, le département de l’éducation revient avec son activité mensuelle sur Musée en quarantaine offerte aux enfants de 7 à 12 ans afin de réunir leur famille pour explorer, créer et s’amuser!

Ce mois-ci, nous allons discuter du sujet de l’art public.


Réfléchissons ensemble

  • Selon toi, qu’est-ce que l’art public?

  • Est-ce qu’il y a des œuvres publiques près de chez toi?

  • À quoi sert l’art public?

Découvrons la thématique

L’art public passe généralement inaperçu, car c’est une forme d’art qui s’imbrique dans nos environnements et qui accompagne notre quotidien. Puisque nous côtoyons ces œuvres tous les jours, nous avons tendance à ne plus les remarquer! Pourtant, nos villes seraient bien différentes sans elles.

L’art public se définit par l’ensemble des œuvres d’art situées dans des lieux publics, extérieurs ou intérieurs, généralement accessibles, qu’elles soient permanentes ou éphémères. Ces œuvres sont issues de diverses disciplines artistiques telles que les arts visuels, les arts décoratifs et le design. Étant donné que cette forme d’art mobilise différentes pratiques artistiques – sculptures, installations, peintures, photographies, vitraux, mosaïques, œuvres médiatiques, performances et bien d’autres encore – les matériaux et les formes qu’elle emploie sont tout aussi multiples et divers.

On retrouve ces œuvres dans des lieux transitoires ou de rencontre, tels les places publiques et les parcs, les lieux culturels, les établissements d’enseignement, les édifices gouvernementaux, les sièges sociaux et succursales d’entreprises, les établissements du réseau de la santé, de même que les installations sportives et communautaires.

Si l’art public est aussi présent dans l’espace public au Québec, c’est que notre province s’est dotée, en 1961, d’une politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments, des sites gouvernementaux et publics. Cette politique, plus communément nommée La Politique du 1 %, stipule que le Québec a adopté une mesure gouvernementale consistant à allouer environ 1 % du budget de construction d’un bâtiment ou d’aménagement d’un site public à la réalisation d’œuvres d’art précisément conçues pour ceux-ci. À une certaine époque, l’art public servait surtout à commémorer les héros nationaux, les politiciens ou encore à souligner un fait historique de grande importance; désormais, l’art public sert, entre autres, à faire connaître et à apprécier les artistes visuels de notre époque, en plus de contribuer à la qualité de notre cadre de vie.

Les principaux objectifs de cette politique sont de permettre à la population de toutes les régions du Québec (et non pas uniquement des grands centres urbains) de mieux connaître l’art actuel et ses diverses formes d’expression. Elle contribue également à la création ou à l’acquisition d’œuvres d’art en vue de leur intégration permanente à l’architecture ou à l’environnement des lieux publics, et ce, en tenant compte de la vocation de ces lieux. De plus, elle favorise l’augmentation de la diffusion des œuvres des artistes professionnels du Québec, en permettant à ceux-ci de collaborer avec des architectes et des personnes provenant de divers milieux. Cette politique aide non seulement les artistes à exposer leur travail, mais elle assure la visibilité et la pérennité de celui-ci.

L’art public permet également aux villes d’exposer plus de gens à l’art, parce que ce n’est pas tout le monde qui visite régulièrement les musées. L’art public, c’est en quelque sorte un musée à ciel ouvert, puisqu’il contribue, lui aussi, à la démocratisation de l’art, un rôle réservé pendant plusieurs années aux institutions muséales.


La rencontre d’une œuvre d’art public est souvent une rencontre imprévue qui se produit au fil de nos déplacements. Dans ce cas, les œuvres d’art public ne bénéficient pas du contexte de présentation institutionnel d’un musée. Il est alors parfois difficile pour les individus de comprendre le sens de l’œuvre. Cette difficulté souligne l’importance des programmes de médiation culturelle de l’art public. Ces programmes sont généralement mis en place par les villes et ils contribuent à sensibiliser la population par la diffusion d’informations, afin que les œuvres soient mieux appréciées par les individus qui les côtoient.

Les grandes villes du monde misent désormais sur l’art public puisque celui-ci devient un outil d’attraction pour générer du tourisme. De nombreuses villes ont à cet effet développé des circuits thématiques ou historiques de leurs œuvres d’art public. Art public Montréal est une initiative de la ville de Montréal qui vise à rassembler les propriétaires d’œuvres d’art publics sur le territoire montréalais. Grâce à cette mise en commun, c’est plus de 1 000 œuvres d’art public, réalisées par près de 500 artistes professionnels, tant québécois qu’internationaux, qui sont accessibles. Désormais, la majorité des villes au Québec possèdent ce type de répertoire, c’est le cas de la ville de Joliette qui répertorie un peu plus d’une vingtaine d’œuvres.

De juin 2021 à juin 2026, le Musée d’art de Joliette, en collaboration avec la ville de Joliette, bonifie notre expérience avec l’art public en installant une dizaine d’œuvres du sculpteur québécois Jean Brillant. Celles-ci sont installées le long de la piste cyclable aux abords de la rivière L’Assomption, du parc Louis-Querbes au parc Renaud, en passant par le terrain extérieur du Musée. Certaines seront ajoutées au fil des mois ou même replacées ailleurs dans la ville. Ouvre l’œil!


Regardons l’œuvre suivante :

Jean Brillant. De même souche. 2011

  • Cette œuvre représente un anneau. Cet anneau s’ouvre-t-il? Se referme-t-il?

  • L’immobilité de cette œuvre est déjouée par le mouvement perçu. Que perçois-tu?

  • Est-ce que le mouvement s’approche ou s’éloigne de toi?

  • L’œuvre rappelle le dessin de Léonard de Vinci intitulé L’homme de Vitruve. Elle peut contenir en son sein un adulte debout, bras et jambes étendus. https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Vitruve

  • En choisissant cet alliage ferreux (acier rouillé), l’artiste évoque la couleur de la terre. Il souligne également un grand cycle : les matériaux industriels (comme, pour ici, le fer) issus de la pierre puis extraits et transformés par l’homme (en bâtiments, ponts, routes). Ces matériaux sont récupérés à la fin de leur vie utile par l’artiste, qui les transforme en œuvre. Cette œuvre raconte une histoire sur ce que la matière était, ce qu’elle est devenue, ce qu’elle est, et ce qu’elle deviendra.

Apprenons sur l’artiste :

  • Jean Brillant est un sculpteur canadien né à Rimouski, en 1959.

  • Sa famille s’installe dans le sud de la France en 1968 où il découvre, très jeune, la taille de la pierre du Vaucluse. Cette découverte de la matière le conduira plus tard à l’École des Beaux-Arts d’Aix-en-Provence (1979), puis aux Beaux-Arts de Dijon (1983), avant de l’amener à intégrer l’Université du Québec à Montréal (1983-1984) lors de son retour au Canada.

  • Tout au long de sa pratique artistique, il laisse libre cours à son imaginaire, assemblant et confrontant en toute liberté des éléments naturels et des vestiges industriels.

  • La trame narrative inscrite dans les œuvres de Jean Brillant est toujours intimement liée à l’être humain. Elle est le point de départ d’un sentiment, d’un ressenti, d’une recherche d’équilibre.


Faisons des liens

  • Avec cette œuvre, l’artiste :

- utilise l’acier rouillé comme matériel de création. Par ce choix, l’artiste souligne les cycles de transformation des matériaux industriels qui sont issus de la pierre, puis extraits et transformés par l’humain;

- souhaite que sa sculpture fasse corps avec le paysage. Cela veut dire que l’œuvre s’intègre au lieu en ne contrastant pas avec lui, mais semble plutôt avoir toujours été présente dans ce paysage;

- fait référence à l’histoire même de la ville de Joliette, puisque de 1823 jusqu’à 1864, Joliette se nomme le village de l’Industrie. À cette époque, Barthélemy Joliette met en chantier un complexe de moulins en bordure de la rivière L’Assomption. Les œuvres de Jean Brillant réalisées avec des matériaux industriels et majoritairement installées aux abords de la rivière L’Assomption font écho à ce passé industriel de Joliette.

  • Cela nous amène à réfléchir :

- au cycle de vie des différents matériaux industriels;

- à la notion de l’expression in situ. Lorsqu’une œuvre est créée in situ, cela veut dire qu’elle a été fabriquée pour être présentée dans un lieu spécifique. Ce qui signifie qu’elle perd sa signification si elle est déplacée;

- à l’œuvre que tu pourrais créer si tu voulais qu’elle fasse corps avec le paysage. Pour ce faire, tu devrais réfléchir à la spécificité d’un lieu. Il te faudrait alors prendre en compte plusieurs éléments comme l’utilité du lieu, ce qu’on y retrouve comme bâtiments ou éléments naturels ainsi que leurs formes et leurs couleurs;

- au choix des matériaux qui peuvent soutenir un discours (cycle de transformation des matériaux industriel) ou une idée (la rouille = couleur de la terre);

- à l’histoire des lieux.

Amusons-nous : conçois ta première œuvre d’art public


Puisque la pratique de la sculpture d’art public, de commémoration ou monumentale requiert généralement l’approbation d’un comité d’experts ou de sélection, les artistes vont en premier lieu réaliser une maquette à l’échelle de leur œuvre. Cela leur permet d’apporter des modifications rapides et peu coûteuses, mais cela leur évite surtout d’engager des frais élevés si leur œuvre n’est pas retenue.


Afin de développer tes compétences en sculpture, nous te proposons de concevoir ta première œuvre d’art public.


Comme matériel, tu auras besoin des articles suivants :


- Carton recyclé ou carton mousse (taillé en carré de 6 x 6 pouces)

- Carton recyclé (boîte de céréales) ou papier cartonné

- Carton recyclé divers (emballage alimentaire, boîte de transport, etc.)

- Papier construction de couleurs

- Éléments recyclés

- Feutres

- Crayons à la mine

- Règle

- Colle en bâton

- Ruban adhésif


Référence pour les techniques de sculpture de papier et de carton :


Technique d’assemblage (carton ondulé) : bit.ly/3xAyDAr

Technique de sculpture de papier : bit.ly/37vlAph



Suis la démarche suivante :


Choisis un lieu (réel ou imaginaire) qui pourrait accueillir ton œuvre.

  1. Réfléchis aux spécificités du lieu que tu as choisi :

a) Quelles sont les formes et les couleurs que l’on retrouve dans le lieu que tu as choisi? Est-ce un lieu urbain ou naturel? Est-ce qu’il y a des bâtiments ou des éléments naturels?

b) Est-ce que l’œuvre que tu concevras sera en contraste ou fera corps avec le lieu?

c) Est-ce que l’œuvre que tu concevras sera en continuité ou en rupture historique avec le lieu? Est-ce que tu t’inspireras ou non de l’histoire du lieu pour créer ton œuvre?

d) Est-ce que l’œuvre que tu concevras sera discrète ou extrêmement visible?


3. Pense aux détails de l’œuvre que tu concevras.

a) Est-ce que l’œuvre que tu concevras sera réalisée avec des matériaux récupérés ou neufs?

b) Est-ce que l’œuvre que tu concevras utilisera ou non des nouvelles technologies (écran, projection, etc.)?

c) Est-ce que ton œuvre permettra aux spectateurs d’y pénétrer (comme De même souche, de Jean Brillant) ou non?


4. Après toutes ces réflexions, réalise un croquis de ta sculpture à l’aide des crayons et des papiers à croquis mis à ta disposition. Avant de commencer ce croquis, regarde les autres matériaux de création mis à ta disposition. Ils pourront t’inspirer dans la création de ta sculpture.



5. Une fois ton croquis réalisé, prends un carton mousse ou un carton recyclé (taillé en carré de 6 x 6 pouces) qui servira de base à ta maquette sculpturale et réalise un mur en angle droit toujours en utilisant du carton recyclé ou un papier assez épais pour te permettre de coller des éléments).



Pour ce faire, plie ton carton en deux et laisse-le dépasser sous ta base pour pouvoir le fixer. Tu peux réaliser un système de languettes afin de faciliter sa fixation à la base.


Fixe ton mur à l’aide de la colle en bâton ou, au besoin, avec du ruban adhésif.



6. Puis, à l’aide des différents matériaux de création mis à ta disposition, commence à réaliser ta maquette. Tu peux te concentrer uniquement sur ton œuvre, mais tu peux aussi réaliser une maquette qui illustre comment ton œuvre s’insère dans le lieu que tu as choisi.



7. Prends une photographie de ta maquette. Cela nous permettra de documenter l’ensemble des réalisations et nous pourrons les diffuser sur le site web de Musée en quarantaine (https://www.museeenquarantaine.com).




8. Fais-nous parvenir la photographie de ton œuvre à quarantaine@museejoliette.org


Concluons la discussion :


Maintenant que tu as lu, observé, appris et exploré, est-ce que tu as changé d’idée ou peux-tu compléter ta réflexion de tantôt?


  • Est-ce que tu préfères lorsque les œuvres publiques sont intégrées à leur environnement ou lorsqu’elles sont en contraste?

  • Selon toi, est-ce que l’art public est important? Pourquoi?

  • Est-ce qu’il y a un endroit dans ta ville (ou village) qui aurait besoin d’une œuvre d’art? Pourquoi?

  • Et si tu partais à la découverte des œuvres publiques de Jean Brillant?https://www.museejoliette.org/wp-content/uploads/2021/06/maj-parcours-jean-brillant-v6.pdf


N’hésite pas à te prendre à photo alors que tu es en interaction avec ces œuvres et fais-nous parvenir le tout à quarantaine@museejoliette.org


Ce texte a été rédigé par Ariane Cardinal, conservatrice à l'éducation du MAJ et Caroline Pierre, conservatrice adjointe de l’éducation du MAJ.


POUR PARTICIPER À MUSÉE EN QUARANTAINE Vous avez jusqu'au jeudi 30 septembre à midi pour nous envoyer vos créations artistiques inspirées du thème du mois. L’exposition sera en ligne le jeudi 7 octobre 2021. =

Cliquez ici pour savoir comment participer.


CONCOURS DE LA VILLE DE JOLIETTE

Il y a même un concours ce mois-ci, de la Ville de Joliette, pour voir sa création exposée au parc Riverain. Date limite : 20 septembre 2021. Clique ici pour les infos.

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