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Le maquillage - spécial famille (thème 32)

Thème 32 : Maquillé.e



Chaque mois, le département de l’éducation propose aux enfants de 7 à 12 ans de réunir leur famille pour explorer le contenu d’un article, créer et s’amuser!


Toute la famille est invitée à participer et à échanger. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. D’ailleurs, on a le droit de ne pas être d’accord, mais il faut expliquer son point de vue et surtout écouter celui des autres.


Réfléchissons ensemble

  • Qu’est-ce que le maquillage?

  • Quelle est la fonction du maquillage? À quoi sert-il?

  • Le maquillage peut-il être considéré comme une forme d’art?

  • Le maquillage permet-il de s’exprimer? Si oui, comment?

  • Le maquillage suit-il les tendances de la mode, des conventions culturelles ou bien des choix individuels?

  • Est-ce que tout le monde peut se maquiller? Ou est-ce qu’il existe des conventions qui font que certaines personnes s’empêchent de se maquiller ou qu’au contraire d’autres se sentent obligés de le faire?

Conventions culturelles : Une convention, c’est lorsque tout le monde s’entend sur des façons d’être, d’agir ou de faire. Cette convention peut varier d’une culture à l’autre. Par exemple, au Québec, il est convenu que les jupes sont généralement portées par des femmes. Toutefois, dans certains pays, comme en Écosse ou en Indonésie, les hommes portent des jupes, nommées respectivement des kilts et des sarongs. Note que de plus en plus d’hommes et de garçons québécois « brisent » les conventions et portent parfois des jupes! Yé!


Découvrons la thématique

L’acte de peindre son corps est considéré comme l’un des premiers gestes ornementaux de l’Histoire. La peinture corporelle est donc réputée comme l’une des premières formes d’expression artistique présente et partagée par toutes les sociétés à travers le monde. Depuis la préhistoire, les humains découvrent les pigments naturels d’origine géologique (roches), animale et végétale. Ceux-ci serviront à peindre les corps lors de cérémonies et de festivités comme les mariages, les funérailles, les fêtes religieuses ou spirituelles.


Gestes ornementaux : Des gestes pour orner ou pour décorer quelque chose.

Pigments : Utilisés en art et dans l'industrie, les pigments se présentent sous la forme de poudres colorées. Si on mélange un pigment à un liant liquide, on peut obtenir de la peinture ou de l’encre.

L’anthropologue Lévi-Strauss dit d’ailleurs à ce propos « qu’il fallait être peint pour être homme, celui qui restait à l’état de la nature ne se distinguait pas de la brute. »[1]Ce qu’il entend par-là, c’est que, selon lui, les humains d’autrefois cherchaient à se démarquer des autres êtres vivants par le maquillage. Certains types de symboles, de couleurs ou de motifs permettaient d’exprimer l’appartenance à un groupe, l’âge de la personne, son genre ou son statut. Évidemment, le sens des motifs et des couleurs dépend du contexte culturel, c’est-à-dire que chaque communauté ou population avait ses propres codes. Ainsi, l’ornementation de la peau permettait d’affirmer l’identité.

Nous attribuons l’apparition de l’ancêtre des cosmétiques et du maquillage, tels que nous les connaissons, à l’Égypte ancienne (−3150). À cette période, le maquillage revêt des fonctions magique, sociale et esthétique.


  • Magique : Cette fonction est liée aux croyances. Les Égyptiens attribuaient au khôl (poudre minérale) des pouvoirs de guérison évoquant la protection des dieux Horus et Ra. Le khôl prévient et soulage également des infections oculaires. La magie (prévention et guérison) est en réalité de la science. Comme les Égyptiens n’étaient pas capables d’expliquer scientifiquement le phénomène, ils pensaient que c’était de la magie!

  • Sociale : Cette fonction est liée au fait d’exprimer son appartenance à un groupe ou d’exprimer son statut. Cela permet entre autres de distinguer les différentes classes sociales. Dans l’Égypte ancienne, l’utilisation du maquillage varie légèrement entre les classes sociales. Les personnes de classes supérieures portent davantage de maquillage, puisque celles-ci peuvent se permettre d’acquérir plus de produits cosmétiques.

  • Esthétique : Cette fonction est liée à l’embellissement et à la beauté. À la période de l’Égypte ancienne, les femmes comme les hommes utilisent le maquillage afin de se magnifier. L’attention portée à son apparence et aux soins du corps fait partie de l’identité des Égyptiens, et ce, même dans la mort. En effet, de nombreuses sépultures découvertes montrent qu’il était courant pour les Égyptiens d’y inclure des objets du quotidien et des produits cosmétiques.

Le maquillage est ensuite introduit en Grèce par les caravanes qui acheminent les épices et la soie en Europe. Il traversera les âges, délaissant graduellement ses fonctions rituelles et magiques (même si certaines traditions persistent encore de nos jours) et c’est sa valeur esthétique qui va prendre de plus en plus d’importance.


À notre époque, le maquillage et l’utilisation des produits cosmétiques servent surtout pour embellir le visage ou pour modifier les traits de celui-ci (ou du corps) pour la création de personnages lors de productions artistiques (cinéma, théâtre, arts vivants, etc.). Désormais, le maquillage touche de vastes domaines allant du milieu de la mode, des effets spéciaux, du maquillage artistique ou du body-painting (peinture corporelle).


Regardons l’œuvre suivante :


Geneviève Cadieux. Sans titre. 1989


  • Qu’observes-tu? Es-tu loin ou proche de la personne? Quel effet cette proximité te procure-t-elle?

  • Imagine l’environnement, les objets ou autres éléments qui se situent hors champ de cette photographie.

  • Qu’imagines-tu? Comment l’environnement est-il organisé? Comment les objets et les autres éléments sont-ils disposés?

  • Peux-tu décrire la bouche? Par exemple, est-elle ouverte ou fermée ? Que dirait cette bouche si elle pouvait te parler?

  • Cette photomacrographie (photographie en gros plan) est en noir et blanc, elle ne nous donne aucun indice sur la couleur réelle du rouge à lèvres utilisé ni sur l’identité de la personne qui l’arbore. Selon toi, de quelle couleur serait-il? Est-ce que la couleur de celui-ci pourrait modifier ta perception de l’œuvre?

  • Que peuvent signifier (symboliquement) des lèvres de couleur noires, bleues ou mauves?

  • Par cette photomacrographie l’artiste met de l’avant le maquillage des lèvres de cette personne. Selon toi, par ce geste, qu’est-ce que l’artiste a voulu signifier?

Hors champ : c’est l’ensemble des éléments qui n’apparaissent pas dans le cadre d’une image.


Photomacrographie

La photomacrographie ou la photographie en gros plan est un type de technique photographique qui permet de photographier des sujets de très petite taille (ou des détails) et de les représenter plus grands que nature. La photomacrographie offre une infinité de nouvelles perspectives puisqu’on a la possibilité de s’attarder à des fragments et des détails qui passent souvent inaperçus. Quels sont les détails que tu vois sur cette photo, mais que tu ne verrais pas normalement?


Apprenons sur l’artiste :

  • Geneviève Cadieux est bachelière de l’Université d’Ottawa en beaux-arts (1977). Elle expose partout à travers le monde depuis les années 1980.

  • En 1990, elle devient la première femme à représenter le Canada en solo à la Biennale de Venise.

  • Elle observe et livre une vision du corps humain fragmenté où s’inscrivent le passage du temps, les cicatrices et les ecchymoses.

  • L’artiste utilise les codes cinématographiques en proposant des œuvres surdimensionnées. Par ces agrandissements, elle apporte une nouvelle perspective du corps ou une nouvelle façon de voir le corps qui devient alors un corps-paysage.

  • Une de ses œuvres emblématiques, La Voie lactée (1992), est installée à l’extérieur sur le toit du Musée d’art contemporain de Montréal situé à la Place des arts.


Faisons des liens

  • Avec cette œuvre, l’artiste :

  • T’apporte une nouvelle perspective sur l’intimité du corps

  • Sollicite ton imagination sur les éléments situés hors champ

  • Souligne l’anonymat de l’individu, malgré un sentiment d’intimité et de proximité avec lui.


  • Cela nous amène à réfléchir à:

  • L’impact et l’effet d’un plan rapproché sur notre perception et notre interprétation

  • L’impact des couleurs sur notre perception et notre interprétation

  • Le rôle et la fonction du maquillage.



Amusons-nous  : conçois une photomacrographie


Et si tu explorais la photomacrographie et le maquillage? Dans le présent atelier, nous t’invitons à étudier les effets perceptuels par l’utilisation d’un plan rapproché (gros plan) ainsi que la fonction et le rôle du maquillage.


Comme matériel, tu auras besoin des articles suivants :


  • Un appareil photographique ou un cellulaire

  • Du maquillage scénique ou du maquillage de mode.


Suis la démarche suivante :


1. À l’aide de maquillage scénique ou de mode, maquille le visage, les mains ou une autre partie du corps d’un membre de ta famille.

  • Est-ce que ton maquillage va magnifier ou au contraire enlaidir ton sujet?

  • Est-ce que tu veux qu’il soit élégant, épeurant, discret ou voyant? Pour y arriver quels sont les couleurs, les motifs et les formes que tu utiliseras?

  • Souhaites-tu représenter des symboles? Si oui, lesquels?

  • Réfléchis au message que ton maquillage veut signifier. Est-ce que celui-ci revendique quelque chose? Est-ce que celui-ci sert à souligner un événement ou une fête en particulier?

2. Une fois satisfait de ton maquillage, prends ton appareil photographique ou ton cellulaire et explore les effets d’un plan rapproché (gros plan).

  • Pour ce faire, utilise le zoom de ton appareil photographique ou de ton cellulaire et prends une photographie du maquillage. Tu peux aussi réaliser un gros plan sans l’utilisation du zoom en te rapprochant uniquement de la partie du corps que tu désires prendre en photographie.



Tu peux également explorer la photomacrographie en couleurs et en noir et blanc.

  • Est-ce que tu ressens la même sensation, le même sentiment devant une photomacrographie en couleurs et devant une photographie en noir et blanc



3. Au besoin, recadre ta photographie par l’intermédiaire d’un logiciel ou d’une application de traitement de l’image.



4. Imprime ta photomacrographie et encadre-la afin de l’admirer!



Concluons la discussion :


Maintenant que tu as lu, observé, appris et exploré, est-ce que tu as changé d’idée ou peux-tu compléter ta réflexion de tantôt?


  • Est-ce que tu perçois différemment une photomacrographie d’une photographie?

  • Est-ce que ton sentiment devant une photomacrographie en couleurs est le même que si elle était en noir et en blanc?

  • Est-ce que le maquillage ne sert qu’à nous embellir?

  • Pourquoi certaines personnes portent-elles du maquillage et d’autres pas?

  • Qu’est-ce qu’un visage maquillé suscite comme réaction chez celui ou celle qui regarde? Et chez celui ou celle qui le porte?


Fais-nous parvenir une ou des photos de ta création à quarantaine@museejoliette.org

N’oublie pas d’indiquer ton nom et… de donner un titre à ta création.


[1] C. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, Paris, Plon, 1955, p. 216.

Ce texte a été rédigé par Caroline Pierre, conservatrice adjointe de l'éducation du MAJ et relu par Ariane Cardinal, conservatrice à l’éducation du MAJ.


 

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POUR PARTICIPER À MUSÉE EN QUARANTAINE Vous avez jusqu'au lundi 31 janvier pour nous envoyer vos créations artistiques inspirées du thème du mois. L’exposition sera en ligne le jeudi 3 février 2022.

Cliquez ici pour savoir comment participer.



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