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Semaine 7 - La collection du Musée d'art de Joliette

Mis à jour : juin 3

Thème de la semaine : revisiter les collections


L’histoire bien particulière du Musée d’art de Joliette se reflète tout à fait dans l’éclectisme de sa collection riche de plus de 8 500 objets. Fondé en 1967 par les Clercs de Saint-Viateur sous l’impulsion du très dynamique père Wilfrid Corbeil, le Musée d’art de Joliette (MAJ) conjugue l’ancien et le contemporain, le religieux et le profane. En ce sens, la collection du MAJ est tout à fait unique dans le portrait muséal canadien et traduit bien la place importante qu’occupent l’art et la culture dans la région lanaudoise.

L’intérêt pour les pratiques artistiques d’avant-garde est ancré depuis longtemps dans l’ADN du Musée. Déjà, en 1942, le père Corbeil avait l’œil avisé, comme le prouve l’exceptionnelle Exposition des maîtres de la peinture moderne qu’il a organisée au Séminaire de Joliette. C’est à cette occasion que la toute première œuvre automatiste de Paul-Émile Borduas a été présentée au public! En plus des tableaux de Borduas, l’exposition regroupait notamment des œuvres d’Alfred Pellan, John Lyman, Louise Gadbois, Marc-Aurèle Fortin et Goodrige Roberts.

La Congrégation des Clercs de Saint-Viateur s’est alors engagée à acquérir chaque année « les toiles les plus représentatives de l’art canadien », tout en continuant d’enrichir la collection par des acquisitions en art ancien et d’importantes donations, comme celle du chanoine Wilfrid Tisdell, en 1960. Grand amateur d’art, cet Américain né d’une mère canadienne-française avait fait ses études au Séminaire de Joliette, institution à laquelle il a légué sa magnifique collection. C’est grâce à lui que le MAJ a aujourd’hui le privilège de posséder des œuvres précieuses, tel un bronze magnifique de Rodin, Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat, ou l’ exceptionnelle sculpture sur bois géminée, Vierge de l’Apocalypse et sainte Anne trinitaire, une œuvre très rare provenant d’un atelier d’Ulm en Allemagne.

L’inestimable donation Tisdell a donné à la collection sa vocation particulière : rassembler l’ancien et le moderne, le profane et le religieux. Cet élan a poussé le père Corbeil à ratisser le Québec des années 1960 pour sauver les œuvres d’art et les éléments architecturaux qui ornaient les églises de l’époque. Le musée a alors principalement cherché à acquérir des œuvres d’art sacré canadiennes et européennes, devenant ainsi l’ultime refuge d’un patrimoine en péril.

Le père Corbeil souhaitait construire un musée qui serait une cathédrale vouée aux arts visuels au-delà des modes et des époques, une vision qui nous anime encore aujourd’hui. C’est ainsi que la plus grande portion de notre collection s’inscrit dans le champ de l’art contemporain. Il s’agit là d’un axe de collectionnement prédominant, même si nous sommes toujours ravis d’ajouter à notre collection des œuvres anciennes exceptionnelles.

Nous sommes fiers du caractère éclectique de notre collection : cette richesse exceptionnelle nous permet de mettre en dialogue des œuvres et des époques.


Cet article a été écrit par Émilie Grandmont Bérubé, conservatrice des collections du Musée d'art de Joliette.

Anonyme, Vierge de l'Apocalypse et sainte Anne trinitaire, entre 1480-1520

Auguste Rodin, Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat (no. 2), 1887



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Revisiter les collections, c'est le thème de la semaine. Vous avez jusqu'au mercredi 6 mai à midi pour nous envoyer vos créations artistiques inspirées de ce thème.

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