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Semaine 8 - Quand les robots et les ordinateurs font de l’art! (spécial famille)

Thème de la semaine : art et technologie

De plus en plus de familles participent au projet d’exposition communautaire Musée en quarantaine. Plusieurs nous ont même mentionné l’intégrer dans le cadre de l’école à la maison. Nous avons donc pensé leur proposer un article par semaine destiné aux enfants de 7 à 12 ans. Évidemment, il est recommandé de le lire en famille pour s’entraider et pour discuter à propos des découvertes!

Commençons par réfléchir ensemble aux sujets suivants :

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Toute la famille est invitée à participer et à discuter. On a le droit de ne pas être d’accord, mais il faut expliquer son point de vue et surtout écouter celui des autres.

Qu’est-ce que la technologie?

En art, quels sont les bons et les mauvais côtés à l’utilisation de la technologie?

Est-ce que quelqu’un qui crée à l’aide de la technologie doit avoir des savoir-faire et des connaissances en art et en technologie ou si c’est la machine qui fait le travail?

Technologie : Elle se développe au fil du temps et des connaissances. Aujourd’hui, quand on parle de technologie, cela peut comprendre les appareils photo numériques, les caméras vidéos, les ordinateurs, Internet, les imprimantes 3D, la réalité virtuelle et bien plus encore!

Regardons l’œuvre suivante :

Oliver Laric, Sleeping Boy, 2016


Oliver Laric, Sleeping Boy, 2016

Apprenons sur l’œuvre et sur l’artiste :

L’artiste, Oliver Laric est né en 1983, en Autriche. Il vit et travaille en Allemagne.

Il s’intéresse aux sculptures et aux moulages.

Avec la permission de différents musées, il a scanné plusieurs sculptures anciennes qu’il met à la disposition de la population sur un site internet: http://threedscans.com/

Ici, Oliver Laric s’est inspiré de la sculpture en marbre Sleeping Shepherd Boy créée par John Gibson en 1834.

Pour ce faire :

- il a scanné l’œuvre originale;

- puis il a utilisé une imprimante 3D qui matérialise l’œuvre couche par couche dans une sorte de résine.

On appelle cela la stéréolithographie.

Laric s’interroge sur la notion de copie.

- Autrefois, il n’était pas rare qu’un sculpteur réutilise un même modèle pour réaliser plusieurs statues.

- Par exemple, le sculpteur John Gibson a fait des répliques de taille réduite et des répétitions de ses statues. Il y effectuait des changements mineurs. Sur les trois répétitions existantes en marbre de Sleeping Shepherd Boy, le bâton, le chapeau et la cape du berger changent de position et de dimensions. On note aussi la variation du style des cheveux et la présence ou l'absence d'un lézard sur le tronc d'arbre. En général, la forme de base du berger est la même, et donc facilement reconnaissable pour ceux qui connaissent le travail de Gibson.

Scanneur : Appareil électronique qui permet de transférer un objet vers des fichiers numériques (pour l’ordinateur).

Matérialiser : Représenter (une idée, une action abstraite) sous forme matérielle.


Observons les détails suivants :

Que se passe-t-il dans cette œuvre?

- Un garçon s’est endormi sur un tronc d’arbre.

Quels sont les indices qui te permettent de dire cela?

- Il a les yeux fermés et adopte une position détendue.

Qui est ce garçon?

- C’est un berger.

Quels sont les indices qui te permettent de dire cela?

- Son chapeau et sa cape de berger;

- La traduction du titre de l’œuvre Sleeping Shepherd Boy est Garçon berger endormi.

Pourquoi est-il nu?

- John Gibson s’inspire de l’esthétisme des anciennes statues grecques. À cette époque, la nudité représentait la vertu.

Si tu compares l’œuvre de Gibson avec celle de Laric, que remarques-tu?

- Dans celle de Laric, il n’y a pas de bâton, mais on retrouve une étoile de mer au sol et un champignon sur le tronc d’arbre.

- L’œuvre de Gibson est entièrement en marbre alors que celle de Laric est en résine.

- Laric a imprimé séparément, par stéréolithographie, les différentes parties de la sculpture. Il les a ensuite assemblées. On peut apercevoir les vis, notamment dans les mollets.

- Laric joue avec la transparence et l’opacité de la résine. Les parties sont blanches, grises ou transparentes. On retrouve des traces de peinture dorée à quelques endroits.

Vertu : C’est une disposition de caractère qui vise à faire le bien et à éviter le mal.

Faisons des liens :

L’artiste, Oliver Laric :

- Utilise la technologie pour diffuser et rendre accessibles des œuvres anciennes (par les scans);

- Se sert de la technologie pour créer ses œuvres d’art (scans, imprimante 3D, ordinateur, etc.);

- Joue à se tenir à la limite entre la copie et l’inspiration.

Cela nous amène à réfléchir :

- À l’impact de la technologie dans la création, mais aussi dans la diffusion des œuvres d’art.

- Au véritable artiste dans cette œuvre. Est-ce Gibson ou Laric ou les deux?

- À la distinction entre copier et s’inspirer. Laric a-t-il copié ou s’est-il inspiré de l’œuvre de Gibson? Est-ce que Gibson, lorsqu’il reproduisait ses propres œuvres en changeant quelques détails, faisait de la copie?

- À la technique d’impression 3D versus la technique de sculpture à la main.

Versus : Ce terme peut être remplacé par « en comparaison avec ».

Authentique : Quelque chose qui est authentique, qui est vrai.

Amusons-nous :

Regarde le vidéo The Raft of the Medusa (100 Mile House) d’Adad Hannah : https://adadhannah.com/2009-the-raft-of-the-medusa-100-mile-house

Cet artiste s’inspire d’œuvres anciennes. Sur la vidéo que tu as regardée, il reprend le Radeau de la méduse de Géricault (1818-1819) avec de véritables personnes. Il s’amuse à le recréer sous forme d’un tableau vivant.

- Que font les personnages?

- Est-ce que la caméra bouge ou reste immobile?

- Y a-t-il un décor et des costumes?

Choisis une œuvre de la collection du Musée en consultant la page : https://www.museejoliette.org/fr/collections/ ;

Crée un décor et un costume qui ressembleront à ceux qu’on voit dans l’œuvre.

Étudie la pose que tu dois prendre.

Demande à quelqu’un de te filmer quelques instants alors que tu demeures immobile en imitant ton œuvre favorite.

Et voilà! Tu fais vivre, grâce à la technologie, une œuvre du Musée!

Utilise la technologie (internet) pour faire parvenir ton tableau vivant à quarantaine@museejoliette.org

Adad Hannah, The Raft of the Medusa (100 Mile House) , 2009

Alors, peux-tu me dire :

Maintenant que tu as lu, observé, appris et exploré, est-ce que tu as changé d’idée ou peux-tu compléter ta réflexion de tantôt?

· Bien qu’elle permet à un grand nombre de gens de voir les œuvres et de créer autrement, l’utilisation de la technologie entraîne-t-elle des problèmes quant à la copie et au respect des droits d’auteur? Si oui, comment?

· Pour toi, est-ce qu’une œuvre entièrement créée à l’ordinateur a autant d’importance qu’un tableau qui est peint à la main?

· Et si tu t’amusais à penser à la technologie du futur?! Est-ce qu’il y aura encore des artistes ou si des robots créeront à leur place? À l’aide de peinture, de crayons ou de pâte à modeler, crée ton propre robot artiste. N’oublie pas de nous faire parvenir ton œuvre à quarantaine@museejoliette.org.



COMMENT PARTICIPER ET EXPOSER VOS CRÉATIONS SUR CETTE PLATEFORME?

Toutes les infos sont ici

Cette activité a été préparée par Ariane Cardinal, conservatrice à l'éducation du Musée d'art de Joliette.