THÈME 29

L'ESTAMPE

(du 7 au 31 octobre 2021)

Qu’est-ce que l’estampe?

 

L’estampe s’obtient par l’action d’encrer une matrice, puis de la passer sous presse. Cette action transfère l’encre sur le support choisi. Il existe plusieurs méthodes pour réaliser des estampes, les plus connues étant sûrement la linogravure, la lithographie, la sérigraphie et, de nos jours, l’estampe numérique.

 

La pratique de l’estampe, comme les autres disciplines artistiques, est en constante évolution. Le développement du métier passe par des remises en question.

 

Par exemple, ce ne sont pas tous les artistes qui ont accès aux rares ateliers de gravure qui se situent généralement dans les universités ou dans les institutions privées. En solution à défi d’accessibilité, deux designers allemands (Martin Schneider et Dominik Schmitz) ont rendu accessible, par le projet Open Press une petite presse à gravure imprimée en trois dimensions, qui permet d’utiliser les techniques de gravure dans son salon ou son atelier, voire à l’extérieur.

La gravure inuite

 

Les Inuits, comme tous les artistes à travers le monde, ont développé leurs pratiques artistiques en lien avec les matériaux accessibles sur leur territoire. Les Inuits peuvent se procurer localement la pierre, les os, les bois d’animaux, le bois et l’ivoire nécessaires à leurs sculptures, mais le papier et les instruments de dessin (des outils essentiels à la pratique de l’estampe) étaient inconnus dans ce coin de pays avant l’arrivée des explorateurs et des missionnaires européens.

 

En 1959, les cinq premiers graveurs – Kananginak Pootoogook, Iyola Kingwatsiak, Lukta Qiatsuk Eegyvudluk Pootoogook et Osuitok Ipeelee – réalisent des estampes à la West Baffin Eskimo Co-operative (nommée localement la Kinngait Co-operative). Celle-ci développera rapidement son expertise et obtiendra une réputation internationale et elle sera connue sous le nom de : « l’atelier de Cape Dorset ».

Une exposition d’estampe contemporaine du Nunavik au MAJ

 

L’exposition Résurgence : l’estampe au Nunavik 2014-2019 regroupe une soixantaine de linogravures réalisées dans le cadre d’ateliers itinérants donnés dans neuf communautés du Nunavik. La majorité des images créées par les artistes contemporains évoquent des traditions et des coutumes inuit témoignant d’un profond désir de garder cette culture vivante. Résurgence fait état d’une pratique actuelle au Nunavik avec une collection d’estampes donnant à voir la réalité inuit dans toute sa richesse et sa diversité.

L’exposition est intégrée au circuit des expositions parallèles de la 12e Biennale internationale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières. Elle est également le fruit d’un partenariat avec l’Institut culturel Avataq qui prête les linogravures de sa collection pour l’événement du MAJ. De plus, grâce au soutien d’Avataq, une version réduite de Résurgence sera présentée en 2022 dans différentes communautés du Nunavik et un catalogue sera publié.

 Dans le cadre du présent appel à créations, nous vous invitons à prendre comme point de départ la technique de l’estampe. Vous êtes invités à réaliser une estampe, si vous le souhaitez. Mais sachez que votre création n’a pas besoin d’être une estampe. Elle pourrait, par exemple, s’inspirer de l’histoire et des défis logistiques de la technique de l’estampe ou bien représenter l’idée de l’estampe (la matrice et son support, le fait d’encrer une surface, de la passer sous presse…). Avez-vous visité l’exposition Résurgence (à voir au MAJ jusqu’au 9 janvier 2022) ? Y a-t-il une estampe que vous y avez vue qui vous a inspirée.e et à laquelle vous souhaiteriez répondre créativement ? Y a-t-il une image que vous avez en tête – ou une histoire, une idée – que vous aimeriez représenter en la creusant dans une matière ?